TENDANCEUR

Leçon 01 : Les tendances, une monnaie d’échange sociale et un éternel recommencement 

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● Qu'est-ce qu'un "Tendanceur" ?

Un tendanceur est une personne ou une entité spécialisée dans l'analyse et la prévision des tendances dans divers domaines, tels que la mode, le design, la consommation, les technologies, ou encore les comportements sociaux. Les tendanceurs surveillent les changements culturels, économiques et technologiques pour identifier les courants émergents qui pourraient influencer le futur.

En résumé, un tendanceur est un observateur et un analyste des changements et des évolutions dans la société, dont les prévisions aident à anticiper les futures créations.

● Notre Formation :

La formation de tendanceur vise à développer les compétences nécessaires pour anticiper et analyser les tendances du marché et de la consommation. Elle est organisée en 3 parties et est finalisée par une certification de "Tendanceur PROMOSTYL".

Cette formation vous prépare donc à devenir un acteur clé dans la prise de décision et le développement de produits et services en phase avec les attentes du marché.

 

● Votre essai gratuit :

Nous vous présentons la première partie de la première leçon.

Afin de bénéficier de la totalité de la formation, vous devez vous inscrire à celle-ci.

A - UN PEU D'HISTOIRE

A.1 - UN TRAIT ANTHROPOLOGIQUE

Si le terme est anachronique, les tendances ont pourtant façonné des siècles de codes sociaux entre les êtres humains.

Comme le démontre Yuval Harari (citation ci-après), les éléments les plus futiles de notre société, des commérages aux tendances constituent les fondations des plus grandes civilisations humaines.

Les tendances sont utiles pour comprendre les visions et désirs d’une époque, les représentations des hiérarchies et les dynamiques économiques.

Le terme, nous le verrons, va bien au-delà des artefacts de mode, mais englobe aussi bien les comportements que le design ou encore nos envies de vacances.

A.2 - UNE HISTOIRE DE STATUT

Avant la démocratisation des tendances, notamment rendues accessibles à tous grâce au développement du prêt-à-porter, les tenues sont fortement légiférées par l’étiquette.

Par exemple, hors de question pour la «plèbe» à l’époque Romaine de porter du pourpre, couleur difficile à obtenir, uniquement réservée pour l’empereur.

Idem, interdiction en Chine au temps des empereurs de porter du jaune vif, qui leur était exclusivement réservé. Ceux qui bravaient l’interdit étaient passibles de la peine de mort.

Les «tendances» sont avant tout une histoire de castes et de classes et prouvent le pouvoir d’achat de tout un chacun.

La couleur pourpre, obtenue par les coquillage Murex, était, au temps des phéniciens, symbole de pouvoir, de richesse et de puissance. Elle était dédiée aux empereurs puis aux plus nobles des sujets de la société. ©DR

A.3 - SE POSITIONNER DANS LA SOCIÉTÉ

Les modes sont aussi parfois régulées par des édits officiels ou des lois officieuses. Ainsi, il était convenu de sortir ses garde-robes d’été à Pâques, peu importe la météo.

Plusieurs édits somptuaires, sous les règnes d’Henri IV et Louis XIII, contraignent les bourgeois à plus de modestie. Sous le règne de Louis XIII, les élégants renoncent aux fraises et leur substituent un jabot : col carré plat, borde de dentelle.

De même, Melanchthon édite plusieurs directions vestimentaires pour guider les fidèles de l’église Luthérienne à s’habiller : des couleurs sobres, discrètes, dans les bruns, beiges, noirs...

Les tendances permettent une expression de marques ou d’individus au sein de la «meute sociale» ; ces derniers peuvent être considérés comme progressistes ou conservateurs, pionniers comme suiveurs, distingués, intégrés comme marginaux, avec un fort pouvoir d’achat ou non en fonction des produits, services ou attitudes qu’ils adopteront.

Les codes, parfois complexes, peuvent amener à certaines surprises ; une fois cernées, les tendances évoluent vers de nouvelles directions. Elles deviennent ringardes, et le ringard devient tendance...

Les groupes visés par le marketing délaissent parfois les produits qui leur sont destinés au profit de ceux conçus pour d’autres publics.

B - DES DYNAMIQUES CONTRAIRES

B.1 - DES CODES SOCIÉTAUX EN MIROIR

De tout temps, la plupart des dynamiques sociales ont pu observer 2 grands courants :

Un échange entre les codes bourgeois et les codes de la rue & Un échange entre les jeunes générations et les plus anciennes.

I. UN ÉCHANGE ENTRE LES CODES BOURGEOIS ET LES CODES DE LA RUE

La sacoche « Saddle » de Dior est un exemple emblématique d’un échange dynamique entre les codes bourgeois et les codes de la rue.

Inspirée des bananes des silhouettes populaires des années 90, cette pièce iconique incarne la fusion réussie entre le luxe sophistiqué et l’esthétique urbaine décontractée.

À l’origine, le « Saddle » était un sac de luxe imaginé par John Galliano,

le directeur artistique de Dior de l’époque, en 1999 pour la collection printemps/été 2000, inspiré de l’univers équestre. Sa forme distinctive rappelait celle d’une selle de cheval, ce qui lui a valu un statut emblématique au sein de la marque Dior.

Dior a récemment réinterprété le « Saddle » en une sacoche plus streetwear, en conservant son essence de luxe tout en intégrant des éléments des codes de la rue. Cette nouvelle version de la sacoche « Saddle » conserve la forme caractéristique inspirée de la selle de cheval, mais adopte des matériaux et des détails qui la rendent plus adaptée à une esthétique urbaine et décontractée.

Cette réinterprétation a été rapidement adoptée par les passionnés de mode du monde entier, des amateurs de luxe aux adeptes du streetwear. Son mélange unique de sophistication et de décontraction en a fait un accessoire prisé par une large gamme de consommateurs, reflétant ainsi l’évolution des attentes et des préférences des consommateurs modernes.

L’adoption généralisée du produit révèle l’influence croissante des échanges entre les univers de la mode de luxe et de la culture de la rue. En réconciliant ces deux mondes apparemment opposés, Dior a réussi à créer une pièce iconique qui transcende les frontières traditionnelles de la mode, la plaçant au cœur des tendances contemporaines.

Autre exemple, les notions de luxe et de cool évoluent de nos jours très rapidement. Le luxe d’antan était basé sur le raffinement, le bon goût et le précieux.

Aujourd’hui, si les notions de qualité extrême perdurent, les jeunes consommateurs ne souhaitent pas d’un luxe qui leur semblerait «daté», conventionnel et ennuyeux. Notamment avec l’impulsion d’un nouveau marche porté par les *BRICS, la Chine en tête, le luxe est synonyme d’expression de soi, de découvertes, d’expériences ... tout sauf un style conventionnel !

II. UN ÉCHANGE ENTRE LES JEUNES GÉNÉRATIONS ET LES PLUS ANCIENNES

De son côté, le trench-coat long est un exemple saisissant de réappropriation des codes du passé par la génération actuelle. Cette pièce emblématique revisite avec modernité les codes des années 90, pour devenir un symbole de style contemporain et intemporel.

Il a longtemps été associé à l’élégance et à la sophistication, évoquant le glamour intemporel des décennies passées. Dans les années 90, cette pièce était particulièrement prisée, incarnant l’esthétique chic et minimaliste de cette époque.

Depuis, Alexander McQueen a revisité le trench-coat long en lui insufflant une nouvelle vie et une esthétique moderne. Tout en conservant les éléments classiques qui ont fait la renommée de cette pièce emblématique, McQueen l’a adaptée au contexte contemporain, en jouant sur les coupes, les matières et les détails.

Le trench-coat long a rapidement conquis le cœur des jeunes consommateurs, qui ont embrassé son esthétique rétro-chic. Symbole de sophistication et de style intemporel, cette pièce est devenue un incontournable des garde-robes modernes, attestant de la capacité des jeunes à réinterpréter les codes du passé pour exprimer leur propre identité.

L’adoption généralisée du trench-coat long par la génération actuelle témoigne de l’importance croissante de la réappropriation des tendances passées dans la mode contemporaine. En réinterprétant les codes des années 90 avec une perspective fraîche et innovante, Alexander McQueen a su créer une pièce qui transcende les générations et les époques.

Autre exemple, dans les périodes incertaines comme celle que nous vivons, il est parfois rassurant de se replonger au sein de périodes qui nous semblent être celles d’un âge d’or (les 30 glorieuses, la liberté sexuelle, les communautés des années 90’s ... ).

Ces périodes sont vécues comme nostalgiques pour la plupart des designers qui créent la mode (les millennials, entre 30 et 40 ans) - et comme plus authentiques pour ceux qui la portent (les générations Z nostalgiques des années 90 car elles leur paraissent plus spontanées, plus humaines car à une époque «pré-internet»)

On observe alors les looks des générations des parents ou des grands-parents revenir sur les podiums, et un clivage entre ceux qui ont vécu pleinement ladite période et qui ne souhaitent pas la revivre et ceux qui souhaitent l’exhumer.

B.2 - DISRUPTION VS MIMÉTISME

Comme vu dans le chapitre A de la leçon, Yuval Noah Harari, dans son livre Sapiens, rappelle que l’homme est un animal grégaire, né pour vivre en communauté.

Les membres de la communauté répondent à deux grandes dynamiques, mises en exergue par Georg Simmel (1858-1918), citées par Guillaume Erner dans son livre Sociologie des tendances.

C - DIFFUSION PAR MIMÉTISME

C.1 - COURBE DE DIFFUSION D'UNE TENDANCE

Une tendance comprend une notion de temps, de nombre d’adhérents à son mouvement et d’une direction (croissante ou décroissante).

Sa définition pose la question de sa création et de sa fin, ainsi que l’identité des personnes qui suivent la tendance.

Concentrons-nous dans un premier temps sur la composition archétypale des groupes de personnes qui composent le cycle de vie traditionnel d’une tendance.

C.2 - COURBE D’INNOVATION D’APRÈS BRYCE RYAN & NEAL GROSS (1943)

Cette courbe dite «de diffusion» explique la propagation d’idées, de produits ou de comportements au sein de la société. Elle met en exergue différentes catégories de la population plus ou moins sensibles aux nouveautés et innovations.

Examinons plus attentivement ses composantes :

  • Innovateurs (2.5%)

    Ce sont ceux qui sont le plus ouverts aux nouveautés. Ils ont pour la plupart le désir et les moyens d’essayer de nouveaux produits ou innovations, même s’ils échouent.

  • Les premiers utilisateurs (13.5%)

    Ils sont plus sélectifs et vont prendre plus d’informations sur le produit ou service avant de l’adopter. Ils attendent en général les retours des «Innovateurs» avant de se décider.

  • Majorité précoce (34%)

    Ils attendent en général les retours des «Innovateurs» avant de se décider que la nouvelle tendance soit facile à intégrer dans leur quotidien.

  • Majorité tardive (34%)

    Ils ont tendance à accepter la nouveauté par pression sociale. Ils se posent en suiveurs une fois que la tendance est bien installée.

  • Retardataires (16%)

    Ils sont plutôt traditionnels, se basent sur des expériences passées. Ils sont réticents à investir sur des nouveautés qui ne leur semblent ni utiles ni pragmatiques.

Exemple avec le yoga :

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